Basse-Terre en un jour : la Traversée, la Cascade aux Écrevisses et les chutes du Carbet
Une heure de route sépare Sainte-Anne de la forêt tropicale. En une journée bien menée, on traverse le parc national et on se baigne en eau douce.
28 septembre 20264 min de lecture

On loge en Grande-Terre pour les plages, et on va en Basse-Terre pour tout le reste. Les deux ailes du papillon n’ont rien en commun : d’un côté un plateau calcaire sec et plat, de l’autre un massif volcanique couvert de forêt, avec des centaines de cascades.
Depuis le secteur du Helleux, comptez une petite heure de route pour atteindre l’entrée de la Route de la Traversée. C’est faisable dans la journée, largement — mais l’ordre dans lequel on fait les choses compte.
La règle qui commande tout : partir tôt
En Basse-Terre, la lumière est au matin. Le ciel est dégagé, les cascades sont nettes, les sentiers sont secs et la forêt sent la nuit qui vient de finir. C’est l’heure où le massif se donne entièrement.
Une journée réussie commence donc à sept heures. C’est le seul conseil de cet article qui ne souffre aucune exception — et c’est aussi le plus facile à suivre, puisque le décalage horaire vous réveillera de toute façon.
La Route de la Traversée : le trajet est la visite
La D23 coupe l’île d’est en ouest en plein cœur du parc national. Sur une vingtaine de kilomètres, la forêt tropicale se referme au-dessus de la route, les fougères arborescentes remplacent les cocotiers, et la température baisse de plusieurs degrés.
Ne la faites pas d’une traite. Il y a des aires d’arrêt, et l’intérêt est justement de descendre de voiture.
La Cascade aux Écrevisses : cinq minutes de marche
C’est la cascade la plus accessible de l’île, et de très loin. Le sentier depuis le parking est court, plat et aménagé — praticable avec une poussette. Cinq à dix minutes suffisent.
Au bout : une chute d’eau qui tombe dans un large bassin, bordé de fougères arborescentes. On s’y baigne. L’eau est fraîche — entre 22 et 24 °C, ce qui, après une semaine à 28 °C dans le lagon, réveille franchement.
Son accessibilité fait aussi sa fréquentation. À neuf heures, vous serez presque seul. À onze heures, il y aura du monde.
La Maison de la Forêt : dix minutes bien employées
Juste à côté, un point d’information du parc national avec des sentiers courts et des panneaux qui expliquent ce que vous êtes en train de traverser : les étages de végétation, les espèces endémiques, le fonctionnement de la forêt humide.
Cela peut sembler scolaire. Ça ne l’est pas, et ça change le regard sur les deux heures suivantes.
Les chutes du Carbet : choisir la bonne
Sur le flanc est de la Soufrière, ce sont parmi les plus hautes cascades des Petites Antilles. Deux d’entre elles se visitent, et c’est déjà beaucoup pour une seule journée.
La deuxième chute est la plus visitée, et c’est le bon choix par défaut. Le sentier est court — de l’ordre de vingt minutes — sur un cheminement en bonne partie aménagé, et l’arrivée face à la chute est spectaculaire.
La première chute est la plus haute, et elle se mérite : la marche est plus longue et plus sportive, pour des randonneurs bien chaussés. La récompense est à la hauteur.
Dans les deux cas, des chaussures qui tiennent au pied : elles changent tout sur ce sentier.
Et la Soufrière ?
L’ascension du volcan est une autre affaire : près de sept kilomètres, un vrai dénivelé, un paysage minéral qui ne ressemble à rien d’autre sur l’île, et une vue sur tout l’archipel les jours dégagés.
C’est une superbe randonnée pour qui a l’habitude de marcher. Elle mérite sa journée entière — gardez-la pour un jour où vous n’aurez rien d’autre au programme.
Une journée type
- 7 h — Départ du Helleux.
- 8 h 15 — Entrée sur la Route de la Traversée, arrêts photo.
- 9 h — Cascade aux Écrevisses, baignade avant l’affluence.
- 10 h — Maison de la Forêt.
- 11 h 30 — Descente vers la côte sous le vent, déjeuner.
- 14 h — Deuxième chute du Carbet.
- 16 h 30 — Retour, arrivée avant la nuit.
Le soleil se couche tôt et vite en Guadeloupe : autour de 18 heures. Une randonnée entamée à 16 heures se termine à la lampe frontale, ce qui n’est pas l’idée.
Ce qu’il faut emporter
De l’eau, plus que vous ne pensez. Des chaussures fermées. Un anti-moustique, comme partout en forêt humide. Une serviette pour les baignades. Un coupe-vent léger, même par ciel bleu au départ de Sainte-Anne : le massif a son climat à lui, et c’est ce qui fait sa végétation.
Et un peu d’espèce, pratique pour les parkings et les petits commerces de montagne.
Pour préparer votre séjour
Cette journée suppose une voiture — voir notre article sur la location en Guadeloupe, et sur la conduite dans les hauteurs de Basse-Terre en particulier.
Elle s’insère naturellement en jour 3 de notre itinéraire d’une semaine. Pour l’hébergement, la Villa Bahia et la Villa Alizé ont chacune leur piscine privée pour le retour — après une journée de marche, c’est appréciable. Nos dates sont ici.
